The Shield – FX

    The Shield – FX

    18987987Après deux immenses derniers épisodes, The Shield laisse son spectateur KO debout, surtout lorsqu’on se retourne sur l’ensemble des sept saisons (le générique final en devient d’ailleurs poignant). De la Strike Team, il ne reste plus qu’un seul survivant, Vic Mackey. Logique tant le personnage aura constamment montré une conviction sans borne pour se sortir (parfois de manière in-extremis) de toutes les situations. Et son dernier coup d’éclat pour obtenir l’immunité totale se révèle magistralement diabolique. Le tragique de cette fin de saison 7, c’est que sa « victoire » a ici un goût forcément amer (pour lui, mais surtout pour les autres). Avec bien entendu la trahison envers Ronnie, qu’il avait juré de protéger, comme tous les autres membres de la brigade. Même sa famille, la seule qu’il aura toujours défendu, lui est finalement interdite (impossible de ne pas faire de parallèle avec la série Breaking Bad).

    Vic Mackey est un monstre, qui contamine tous ceux qui l’approchent, et qui ressemble plus qu’il ne l’imagine à ceux qu’ils essaient de mettre derrière les verrous. Il y a bien évidemment Shane, son élève et meilleur ami. Il est facile de détester ce personnage, qui accumule les conneries au fil des saisons, allant jusqu’à éliminer le membre le plus sympathique de la Strike Team, Lem, le seul tiraillé par sa conscience (son ulcère vient nous le rappeler régulièrement). Mais si Shane est détestable, la manière dont il termine, après une scène tellement déprimante, n’illustre que les conséquences du ravage de Vic. Et le message que Shane laisse à la police ne fait que le confirmer. On se souvient aussi de Kavanaugh, modèle de droiture qui, à force de côtoyer Vic, tentera d’user des mêmes ficelles que ce dernier, pour finalement se tirer une balle dans le pied. Car à ce jeu, Vic est tout simplement imbattable puisqu’il ne semble éprouver aucun remords, pensant sans doute qu’il oeuvre pour le bien. Et cela, Aceveda l’a bien compris. Après avoir tenté, en vain, de le faire couler, il préférera finalement trafiquer avec lui, dans l’optique d’accéder à la tête de la mairie.

    Mais l’une des plus grandes forces de The Shield, c’est sans doute d’avoir montré le contrepoint de Vic Mackey, avec les personnages de Claudette et de Dutch (allez, eux aussi, deux des plus beaux personnages de la série télé). Si pour Vic Mackey, tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins, ces deux-là pensent au contraire que les choses peuvent être résolues en restant constamment dans la légalité (même si Claudette sera tentée, un temps, de franchir la ligne pour faire tomber Vic). La relation entre Dutch et Claudette est magnifique, et de plus en plus émouvante au fil des saisons. L’autre réussite, et qui accentue l’ambiguïté du personnage, c’est aussi de montrer que Vic reste un excellent flic, dont les résultats apparaissent également probants.

    Si The Shield aura parfois laissé de côté un peu rapidement certains personnages (Julian n’explosera jamais réellement, Danny tombe un peu dans l’oubli dans cette saison 7, Ronnie aura mis le temps avant de se révéler…), elle fait preuve d’une richesse incroyable qui nous le fait oublier (on pourrait ainsi parler du quartier (fictif) de Farmington, lequel joue aussi un rôle très important ; de sa mise en scène ; de ce conflit permanent avec la hiérarchie…). Grande, grande série !

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

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    1 Commentaire

    1. Top FX | Critikall : Cinéma, Série, Jeu vidéo. · 7 mars 2014 Répondre

      […] premier lieu, on pense bien entendu à The Shield. Série monstrueuse dont j’ai déjà parlé ici, et que d’aucuns considèrent comme la plus grande série de tous les temps on les comprend […]

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