True Blood – Saison 7 – HBO

    True Blood – Saison 7 – HBO

    True-Blood-01ATTENTION SPOILERS !

    Après sept saisons, True Blood a finalement tiré sa révérence. Comme à chaque fois, on ressent un petit pincement au cœur au moment de quitter définitivement des personnages que l’on a accompagné pendant plusieurs années, avec lesquels on a parfois pu se sentir proches. Ici, c’est dans la ville imaginaire de Bon Temps que l’on laisse ses habitants : Sookie, Bill, Eric, Lafayette, Jessica, Jason et les autres. Pendant quatre-vingt épisodes, la série créée par Alan Ball (Six Feet Under) nous a fait rire, nous a énervé, surpris, étonné, ému. Extravagante, parfois excessive, souvent courageuse, True Blood a proposé des saisons fantastiques quand d’autres se sont révélées plus anecdotiques, voire ratées. Mais True Blood reste une série unique, qui a toujours semblé à l’écart des films et séries ayant surfé ces dernières années sur la mode des vampires (une mode qu’elle aura d’ailleurs elle-même lancée ?).

    On a parfois eu du mal à cerner où se dirigeait la série d’HBO, sans doute parce qu’elle a parfois péché par excès. Mais True Blood a d’abord été une formidable série de freaks, qui semblaient s’être donnés rendez-vous dans cette petite bourgade qu’est Bon Temps. Un patelin perdu au milieu de la Louisiane que l’on pourrait d’ailleurs presque résumer à trois lieux symboliques : la maison de Sookie, celle de Bill et le restaurant de Sam Merlotte. Des freaks donc, où vampires, sorcières, fées, loups-garous et autres shapeshifters se sont battus pour être reconnus et acceptés comme tels. Le pitch de départ de la série ne dit rien d’autres en dévoilant un monde qui tente d’intégrer les vampires avec les humains. True Blood a toujours été non-conformiste. Toutes les races, toutes les espèces se mélangeaient allègrement, dans une orgie souvent sensuelle et jubilatoire, tout en s’amusant des codes de la comédie romantique (le triangle amoureux qui devenait un carré puis un pentagone amoureux…). C’est sans doute pour cela que le dernier plan de True Blood a quelque chose de décevant quand il montre tous les personnages (restants) heureux, avec une tripotée d’enfants autour d’eux. Avec cette scène finale, la série donne l’impression de rentrer dans le rang. Comme si le couple hétéronormé (même s’il reste Lafayette, ouf) devenait la condition sine qua non du bonheur. Bien que les personnages aient toujours revendiqué de vivre une vie « normale », de ne plus être considérés comme des freaks, il faut avouer que l’ensemble paraît un poil lisse, alors que la série a toujours combattu cela.

    Malgré tout, le final offre largement de quoi se réjouir. Avec le mariage de Jessica et Hoyt (le retour de ce dernier aura d’ailleurs été très inspiré), sous le regard d’un Bill Compton au seuil de la mort. Cette dernière saison nous aura ainsi rappelé à quel point True Blood a su parler brillamment de la mort et du deuil (l’enterrement de Terry dans la saison 6 reste un très grand moment). Un héritage qu’il est difficile de ne pas attribuer à Alan Ball, même si ce dernier n’était plus le showrunner de la série à partir de la saison 5. Tout au long de cette septième saison, il a ainsi été question d’évoquer la mort, laquelle venait également frapper les vampires, la faute à un virus mystérieux. Et finalement, évoquer la mort revenait aussi à dire au revoir à ses personnages que l’on a suivi pendant sept années. C’est une question que la majorité des séries se pose, avec plus ou moins de réussite. Ici, elle apparaît en plus comme l’enjeu du récit. Et sur ce point, True Blood aura pris le temps de faire ses adieux à chacun des personnages. C’est d’autant plus appréciable que ça ne semble pas forcé, comme ça arrive parfois. Et puis, avec les adieux à Bill, on a en outre eu le droit à l’une des scènes les plus fortes de toute la série. Estimant que Sookie n’a pas d’avenir avec lui, Bill préfère mourir et demande à Sookie de le tuer, en lui proposant d’utiliser son pouvoir de fée, afin de la libérer de sa condition par la même occasion. Alors que le final laisse l’impression d’un bête happy-end, dans lequel Sookie, enceinte, s’est trouvée un copain dont on ne verra jamais le visage – belle idée –, la jeune femme aura dû avant cela tué celui qu’elle a aimé. La scène n’éclipse pas ce moment. Surtout que Sookie décide finalement de ne pas utiliser son pouvoir. Elle désire vivre comme tout le monde mais ne veut pas pour autant renoncer à ce qu’elle est (soit un résumé brillant de toute la série). Dans un cercueil, à cheval sur Bill, elle décide alors de lui planter un pieu en plein cœur, avant que le sang de son bien-aimé ne vienne lui éclabousser tout le corps. L’inverse d’un happy-end, si l’on considère que tout le monde voyait Bill et Sookie finir ensemble. Une manière de rappeler aussi l’audace d’une série dont la personnalité a indéniablement marquer la télévision…

    Journaliste. Passionné de cinéma, boulimique de séries télé et accroc aux jeux vidéo. Ne peut s'empêcher de donner son avis sur tout ce qu'il voit et sur tout ce qu'il joue.

    • facebook
    • google
    • twitter

    Défendez votre point de vue